Reconversions vers ergothérapeuthe : est-ce fait pour vous ?

13 % des étudiants en ergothérapie ont déjà exercé une autre profession avant d’intégrer la formation. Ce chiffre ne doit rien au hasard : il résume l’attrait croissant d’un métier à la fois exigeant et porteur d’impact. Les reconversions affluent, bien loin d’un effet de mode passager.

Obtenir le diplôme d’État constitue un passage obligé pour exercer comme ergothérapeute. Pourtant, chaque année, davantage de candidats venus d’autres horizons franchissent la porte des instituts. Les admissions parallèles sont sélectives, les places chères, mais l’offre de formation s’étend et les modalités d’accès se diversifient.

Le secteur de l’emploi ne s’essouffle pas : il profite à plein du vieillissement démographique et du développement des soins à domicile. L’ergothérapie séduit des profils inattendus, y compris des professionnels venus d’autres secteurs, parfois à mille lieues du médico-social.

Ergothérapie : un métier porteur de sens, mais pour qui ?

Dès les premiers instants, une réalité s’impose : l’ergothérapeute s’engage pour que chacun gagne ou retrouve un peu d’autonomie, parfois minime, mais toujours décisive pour l’estime de soi. Les personnes accompagnées ? Des enfants qui peinent à suivre en classe, des seniors qui redoutent la dépendance, des adultes marqués par l’accident ou la maladie. Dans tous les cas, l’ergothérapeute fait bien plus que dérouler une méthode : il adapte, il invente, il imagine des solutions sur-mesure qui changent la donne. Concevoir une salle de bains adaptée pour qu’une personne se relève seule, permettre à un adolescent de retrouver le plaisir d’écrire grâce à une aide technique, voilà des exemples bien concrets de son action.

La profession s’exerce dans mille contextes : à l’hôpital, dans les centres de rééducation, au sein des associations, en EHPAD ou en cabinet libéral. Il y a une constante : la collaboration avec les autres membres des équipes de soin, kinésithérapeutes, orthophonistes, médecins, assistants sociaux, psychomotriciens. Prenons le cas d’un retour à domicile après une longue hospitalisation : l’ergothérapeute réunit famille, soignants et services sociaux pour sécuriser l’espace de vie, repenser l’aménagement, rendre possible le quotidien.

Certains traits de caractère reviennent souvent dans les propos de professionnels du secteur. Voici, selon eux, ce sur quoi s’appuyer pour réussir :

  • Faire preuve d’écoute et d’une réelle empathie afin de saisir ce que vit la personne accompagnée
  • Montrer de la patience, cultiver la créativité, car chaque cas est unique
  • Être rigoureux, savoir observer, apprécier le travail en équipe
  • Adopter une bonne dose de souplesse : aucune intervention ne ressemble à la précédente

Accompagner, proposer sans imposer, encourager sans jamais dévaloriser. L’attention portée aux mots, à la manière d’expliquer un exercice ou introduire une adaptation, fait toute la différence et influe sur les résultats.

Avec les années, différents horizons s’offrent : prise de responsabilités, coordination ou encadrement, transmission des savoirs, ou spécialisation dans des domaines pointus, accompagnement des jeunes présentant des troubles « dys », santé mentale, secteur gériatrique, interventions auprès de personnes avec autisme. Certains choisissent l’indépendance du cabinet libéral, d’autres préfèrent s’insérer dans l’aventure collective d’une institution. L’entraide et la dynamique de réseau sont de véritables forces : elles permettent de se former, d’évoluer et d’échanger sur les pratiques.

Jeune homme étudie en reconversion en ergotherapie

Étapes clés, formations et conseils pour réussir sa reconversion vers l’ergothérapie

Avant de foncer tête baissée, réaliser un bilan de compétences s’avère souvent très utile. Ce temps d’introspection aide à cerner ce qui fait vibrer, à repérer les acquis transférables d’un ancien métier, à visualiser un parcours cohérent. Que l’on vienne du domaine paramédical, du social, de l’industrie ou encore du commerce, mieux vaut savoir où l’on met les pieds et bâtir son projet sur du solide.

Le passage obligé, c’est l’obtention du diplôme d’État d’ergothérapeute. Trois ans d’études jalonnés de cours théoriques, d’ateliers pratiques et de périodes de stage. L’accès ? Principalement via Parcoursup, même pour les personnes en reconversion, mais certains instituts examinent aussi des candidatures déposées hors plateforme. Les professionnels de santé peuvent parfois solliciter une validation de leur expérience, ou bénéficier d’équivalences sur certains modules grâce à la VAE, la Validation des Acquis de l’Expérience.

La formation regroupe plusieurs blocs : sciences médicales, disciplines humaines, rééducation, ergonomie, réflexion éthique… Chaque année intègre de longues périodes de stage (36 semaines pour l’ensemble du cursus), histoire d’affronter le terrain, sa complexité, ses contraintes, ses satisfactions aussi. L’ultime étape, c’est la rédaction d’un mémoire, souvent en lien avec une situation rencontrée sur le terrain.

L’accès à la formation demande aussi de se pencher sur les solutions pour financer son projet. Selon sa situation, plusieurs pistes existent :

  • Le Projet de Transition Professionnelle (PTP), un dispositif ouvert aux salariés en reconversion
  • Le Compte Personnel de Formation (CPF), mobilisable dans certains cas de figure
  • Les aides proposées par Pôle emploi ainsi que des accompagnements spécifiques dans certaines régions

Côté réalités, les récits abondent : Sarah, ancienne du secteur agroalimentaire, Delphine, ex-acheteuse devenue référence en adaptations scolaires, Roselyne, infirmière reconvertie et aujourd’hui engagée en EHPAD. Leur point commun ? Elles découvrent chaque jour combien le métier répond à une attente profonde : agir pour améliorer la vie, redonner de la dignité, être utile, pour de vrai.

Changer de cap vers l’ergothérapie demande du temps, de la préparation, mais celles et ceux qui s’y lancent trouvent là une vocation renouvelée, des responsabilités inédites et une certitude qui ne se dément pas : leur travail compte, et il transforme l’avenir, au présent.

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